NOUVELLE DIRECTION À LA FED
Les principaux points à retenir
L'inflation demeure une préoccupation importante
Kevin Warsh a reconnu que l'inflation reste trop élevée et que la Fed doit poursuivre ses efforts afin de la ramener durablement vers sa cible de 2%.
Fin du "forward guidance"
La Fed mettra fin à la pratique du forward guidance (orientation prospective), qui consistait à communiquer à l'avance ses intentions concernant les taux d'intérêt. Les décisions futures dépendront davantage de l'évolution des données économiques.
Perspectives pour les taux d'intérêt
Selon les prévisions moyennes des gouverneurs de la Fed :
- Le taux directeur devrait atteindre 3,8 % à la fin de 2026;
- Le taux directeur devrait se situer à 3,6 % à la fin de 2027.
Par ailleurs, neuf gouverneurs anticipent toujours une hausse supplémentaire de 0,25 % du taux directeur d'ici la fin de l'année.
Une révision en profondeur du fonctionnement de la Fed
Kevin Warsh a annoncé la création de cinq groupes de travail chargés d'évaluer différents aspects du fonctionnement de la banque centrale.
Ces groupes examinerons notamment :
- La stratégie de communication de la Fed;
- La gestion de son bilan (balance sheet);
- Les données économiques utilisées pour guider les décisions de politique monétaire;
- L'impact de l'intelligence artificielle sur le marché du travail;
- Les facteurs qui contribuent à l'inflation.
Davantage de détails seront dévoilés au cours des prochains mois. Les conclusions de ces groupes sont attendues d'ici l'automne ou, au plus tard, avant la fin de l'année.
Selon M. Warsh, ces travaux visent à moderniser le cadre d'analyse de la Fed tout en maintenant le processus actuel de prise de décision monétaire par les membres votants de l'institution.
Un changement de philosophie
L'un des messages les plus importants de cette première conférence est la volonté affichée par la nouvelle direction de réduire l'influence directe de la banque centrale sur les marchés financiers et de rendre l'institution plus flexible dans son approche.
Les investisseurs devront donc s'habituer à une Fed qui pourrait offrir moins d'indications à l'avance et accorder davantage d'importance aux données économiques en temps réel.
Statu quo à la Banque du Canada
Depuis la dernière réunion de la Banque du Canada, l'escalade du conflit en Iran a augmenté les risques d'inflation tout en freinant la croissance économique. Malgré une économie canadienne qui demeure faible, le marché de l'emploi reste relativement stable.
La Banque du Canada ne constate pas encore l'effet de la hausse des prix de l'énergie sur l'inflation de base, mais s'attend à ce que l'inflation demeure près de 3 % à court terme avant de revenir graduellement vers sa cible de 2 %. Si les prix du pétrole restent élevés, une intervention pourrait toutefois devenir nécessaire comme ce fût le cas en Europe la semaine dernière.
Dans ce contexte, il semble peu probable que la Banque modifie son taux directeur lors de sa réunion du 15 juillet. La Banque estime que le Canada se trouve actuellement dans une période de stagnation plutôt qu'en récession et prévoit un retour de la croissance économique au cours du deuxième trimestre.
En résumé
Cette première conférence de Kevin Warsh marque le début d'une période de transition importante à la Fed. La banque centrale semble ouverte à revoir plusieurs de ses méthodes de fonctionnement, tout en conservant son objectif principal : ramener l'inflation sous contrôle et préserver la stabilité économique.
Nous pouvons nous attendre à un statu quo cet été pour le taux directeur au Canada, mais les choses pourraient changer cet automne.
Nous continuerons de suivre l'évolution de ces dossiers ainsi que leurs répercussions potentielles sur les taux d'intérêt hypothécaire.